Après trois ans de coopération, le Territoire Paris Est Marne&Bois a rassemblé plusieurs centaines de personnes à l’hôtel de ville de Saint-Maur le 28 juin 2019. L’occasion de dresser un bilan et de réfléchir au futur de l’intercommunalité.

Affluence des grands jours le 28 juin dernier à la mairie de Saint-Maur-des-Fossés, où plusieurs centaines de personnes ont participé aux assises du territoire de Paris Est Marne&Bois. Au programme de la matinée : présentation du bilan, réflexion sur les perspectives d’avenir, et succession de tables rondes abordant le territoire sous tous ses aspects.

« Il faut respecter l’intégrité et les particularités des 13 communes », a affirmé l’hôte de l’événement, le maire Sylvain Berrios, introduisant la matinée en résumant un des fils rouges de la rencontre. Le territoire Paris est Marne et bois, rassemblant 510 000 habitants, est né le 1er janvier 2016 de la loi NOTRe, avec des craintes pour les maires de voir leurs compétences revues à la baisse et leurs dépenses augmentées.

Pour Jacques JP Martin, maire de Nogent-sur-Marne, président de l’EPT, et pionnier du Grand Paris, « les principaux écueils ont su être évités ». « Nous ne sommes pas tombés dans le piège de l’inflation des dépenses », argue-t-il, évoquant notamment des économies d’échelle réalisées par 12 des 13 communes du territoire, qui ont ainsi économisé plus de 7 millions d’euros.

Christian Favier, président du conseil départemental du Val-de-Marne, a lancé un appel à corriger la loi portant Nouvelle organisation territoriale de la République (NOTRe) « qui ralentit l’action publique par sa complexité ».

Dialogue entre les territoires

La loi de 2015 s’est également vue critiquée par Jacques JP Martin qui a appelé à « faire tomber le mur entre la petite et la grande couronne établi par la loi NOTRe ». « Nous avons une vie commune à inventer avec la Seine-et-Marne peut-être plus qu’avec Paris » a-t-il ajouté. La primauté d’un dialogue horizontal entre les territoires plutôt qu’une verticalité métropole-EPT était aussi la thèse défendue par Daniel Behar, professeur à l’école d’urbanisme de Paris, présent pour l’occasion. « Je ne sais toujours pas ce qu’est la métropole ni le Grand Paris », a affirmé ironiquement le président de l’EPT pour renforcer le propos.

« New-York n’a pas de métropole ce qui ne l’empêche pas d’être une mégapole sur le plan international », a-t-il souligné, déplorant que l’on ait cédé en l’espèce à une tradition bien française, qui veut que « l’on commence par la gouvernance au lieu de commencer par le projet ».

« La métropolisation ne doit pas se faire en abandonnant les communes et la métropole doit s’ancrer dans les projets des territoires qui sont au plus près des habitants » a-t-il conclu.

Tiers-lieux, PME, start-up

Le développement économique, une des compétences du territoire, figurait naturellement à l’ordre du jour. « Il faut que le territoire sorte du bois » s’est amusé Gérard Delmas, président de la chambre de commerce et d’industrie (CCI) du Val-de-Marne, appelant les élus à « assumer une concurrence saine ». « Il faut non seulement aider les entreprises à se créer mais aussi à perdurer », a-t-il rappelé mais « pas forcément dans le tertiaire », a-t-il complété. Gérard Delmas a salué, par ailleurs, la création prochaine d’un incubateur à Saint Mandé.

« Nous n’avons pas besoin de singer l’ouest ou la Défense, nous possédons nos propres atouts », a déclaré Jacques J.P. Martin appelant à « favoriser les PME qui créent vraiment les emplois ». Nicolas Portier, délégué général de l’assemblée des communautés de France (ADCF), est venu renforcer ce propos en constatant que « les jeunes n’ont pas envie d’aller travailler dans des quartiers qui ressemblent à La Défense ». « Nous ne devons pas jouer les grands quartiers d’affaires mais nous concentrer sur des tiers-lieux, des petites entreprises et des start-up à fort potentiel », a-t-il ajouté. L’intercommunalité revendique l’accompagnement de 109 jeunes entrepreneurs dans leur création d’entreprises sur les six derniers mois.

Défi de solidarité

Laurent Prevost, préfet du Val-de-Marne a quant à lui orienté son discours sur les défis de solidarité. Il a salué l’aide apportée aux sans-abris notamment par des maraudes dans le bois de Vincennes et l’accueil de réfugiés dans le gymnase Leclerc de Nogent-sur-Marne par exemple.

Le préfet considère la mixité sociale comme un enjeux majeur « bien que nous ne sommes pas les plus concernés par les quartiers de la politique de la ville », a-t-il admis. Sur les 29 000 demandes de logements sociaux annuelles, 1 sur 12 est satisfaite chaque année. La refonte du plan local d’urbanisme (PLU) en PLU intercommunal (PLUI) devrait être selon lui un outil futur important pour améliorer ces chiffres.

Le représentant de l’Etat a salué la création d’un service communal d’hygiène à Saint Maur « permettant de lutter contre les habitats insalubre et les marchands de sommeil » et a invité les maires à suivre cet exemple.

Baignade dans la Marne

Le développement durable était aussi au centre des préoccupations du préfet qui a traité des sujets d’économie circulaire, des objectifs européens sur le climat et l’énergie pour 2020, évoquant également l’objectif de rendre la baignade possible dans la Marne d’ici les Jeux olympiques de 2024.

Pour Claire Beyeler, directrice du syndicat Marne vive, obtenir la qualité baignade fournirait, plus que l’activité de loisir, une preuve que la Marne est saine et dépolluée. Elle a rappelé par ailleurs que quatre emplacements sont candidats à un site de baignade et que la totalité des bords de la rivière sont désormais équipés de pistes cyclables.

 

Source : Le Journal du Grand Paris

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