Le territoire Paris Est Marne&Bois, dont de nombreuses communes bordent l’entrée Est de Paris, vient de déposer un recours contre la fermeture des berges parisiennes aux voitures. Argument principal : le report de la pollution sur le Val-de-Marne.

Ils avaient obtenu gain de cause une première fois, ils comptent bien poursuivre la bataille. Les élus du territoire Paris Est Marne&Bois, viennent de déposer un recours contre le nouvel arrêté de piétonnisation des voies sur berge de Paris. Le territoire, qui représente 13 communes, avait déjà déposé un recours lors du premier arrêté pris par Paris. Le tribunal administratif de Paris avait alors reconnu que le territoire était dans son bon droit à poursuivre une telle décision. Les villes, elles avaient été déboutées.

Contrairement à la région, qui ne devrait pas déposer de recours sur ce nouvel arrêté, les élus de Paris Est Marne&Bois ont choisi à l’unanimité en bureau territorial, de retourner en justice. Au total, six recours ont pour l’instant été déposés. « C’est à nous de le faire, c’est quand même bien le territoire qui est charge du Plan climat énergie, rappelle Jacques JP Martin (LR), maire de Nogent et président de Paris Est Marne&Bois. Paris Est Marne&Bois est l’un des trois territoires seulement à s’être engagé dans ce plan climat, or nous sommes aussi les premiers touchés par la conséquence de l’interdiction des véhicules sur les voies sur berge »

« Incapacité de la capitale à travailler avec la banlieue »

Grâce aux différents capteurs installés avec Airparif dans les villes du territoire, les élus affirment que la pollution a augmenté depuis que les Franciliens contournent le cœur de Paris et l’arrivée par l’A4 en se dispersant dans les villes alentour. « Cette fermeture a entraîné la multiplication des entrées vers Paris, que ce soit Porte de Charenton, de Vincennes, de Saint-Mandé… regrette Jacques JP Martin. Les véhicules se retrouvent sur des voies communales non adaptées et font grimper la pollution ».

S’ils espèrent être entendus, et alors même que le premier recours qui avait permis l’annulation de l’arrêté n’avait pas pour autant remis les véhicules sur les voies sur berge, les élus engagent un bras de fer politique. « Nous sommes extrêmement déçus de l’entêtement politique d’Anne Hidalgo (NDLR : maire PS de Paris), qui a refusé toutes nos demandes de discussions, regrette Jacques JP Martin. Nous voulions proposer par exemple de réserver les voies, en semaine, aux véhicules propres. Ce manque de dialogue, ça prouve l’incapacité de la capitale à travailler avec la banlieue. Alors même que l’on fait la métropole du Grand Paris, c’est la métropole de la pollution qu’on nous impose. Que je sache, les cimetières parisiens, les stations d’épuration, le traitement des déchets, c’est en banlieue. Et si on les fermait sans demander l’avis de Paris ? »

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