Jean-Pierre Spilbauer (SE) était à Cannes cette fin de semaine pour défendre les Studios de Bry auprès des professionnels du cinéma.

Jean-Pierre Spilbauer rentre tout juste de Cannes. S’il n’a pas monté les marches du festival en smoking, le maire de Bry-sur-Marne a profité du grand raout pour défendre les studios de cinéma.

Loin des paillettes et du tapis rouge, c’est à l’ombre d’une table ronde organisée par le Centre national du cinéma (CNC) que l’élu a voulu réaffirmer les enjeux stratégiques et patrimoniaux des studios de Bry.

Leur rachat l’été dernier par le géant de l’immobilier Nexity s’était opéré dans le plus grand secret, ravivant les inquiétudes quant à leur sauvegarde. Il y a trois ans, les plateaux de tournage, les ateliers de décor et le stock d’accessoires avaient été sauvés de la fermeture par une grande mobilisation. Réalisateurs, décorateurs et techniciens s’étaient unis pour sauver « cet outil de travail unique en France ».

Aujourd’hui, la menace de les voir raser au profit d’opérations immobilières plus rentables semble s’éloigner. Il n’empêche, Nexity a missionné Eric Garandeau, ancien président du CNC, pour réfléchir à des scénarios de valorisation du site. Il devrait remettre son étude en juin.

De son côté, le maire de Bry œuvre pour qu’y naisse un véritable pôle dédié au cinéma et à l’audiovisuel. Il participait ainsi ce jeudi à une table ronde sur les lieux de tournage en France pour enfoncer le clou.

« J’ai rappelé l’absolue nécessité auprès des professionnels du secteur de maintenir les studios en activité et de les développer en profitant de la totalité des 12 ha disponibles, relate Jean-Pierre Spilbauer. L’objectif étant de proposer à Bry un pôle pour la filière cinéma, en allant du script jusqu’à la projection en salle ».

Le maire refuse toujours que des logements voient le jour sur le site à cheval sur Villiers-sur-Marne : « Les studios de Bry ne sont pas seuls sur le marché européen, mais nous sommes concurrentiels. L’industrie du cinéma génératrice d’emplois a son rôle à jouer dans le développement économique de l’Est parisien. Alors les logements, OK, mais ailleurs ! »

Un message entendu par des producteurs et des réalisateurs présents à cette table ronde. Mais aussi par le CNC qui se dit « vigilant » : « Nous nous sommes beaucoup battus pour le crédit d’impôt qui a permis la relocalisation des tournages en France, mais pour ça il faut absolument des studios. Et ceux de Bry ont un caractère stratégique parce que proches de Paris, assure Christophe Tardieu, directeur général délégué du CNC. Pour nous, une opération immobilière serait intolérable. Nous sommes extrêmement vigilants sur ce point ».

Selon lui, la présence d’Eric Garandeau, « ami du cinéma », dans la boucle de Nexity est plutôt « rassurante ». « La confiance n’exclut pas le contrôle. Ensuite, que les studios aient besoin d’être modernisés, on regardera ça », conclu, évasif, le directeur général délégué du CNC.

L’INA dont le site jouxte les studios de cinéma a signé ce jeudi un partenariat avec la ville de Cannes. L’institut national de l’audiovisuel dispensera ainsi dès cet été deux formations professionnelles au sein du pôle universitaire Cannois.Il s’agira d’une formation de showrunner (NDLR : celui qui dirige l’aspect artistique et la production d’une série ou d’une émission), une première en Europe et d’une formation dans la création d’images 360° et de réalité virtuelle.

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