Fontenay, mercredi. Avec 100 000 voyageurs quotidiens, la gare RER compte parmi les plus dangereuses du réseau. LP/C.L.

 

Par Corentin Lesueur, le 20 mars 2019

 

Les élus ont profité de l’assemblée générale d’Orbival pour rappeler leur méfiance sur le respect des délais et du tracé initial du supermétro. Une réunion tenue à Fontenay, nœud incontournable des transports de l’Est Francilien.

 

Pour sa première assemblée générale délocalisée, Orbival pouvait difficilement trouver lieu plus symbolique du Grand Paris Express (GPE). L’association avait convoqué ses membres, mercredi matin, dans une salle du « technopole » de la Société Générale, tout près de la station RER (A et E) de Val-de-Fontenay. Une gare aux rames perpétuellement bondées où se fait sentir plus qu’ailleurs l’urgence de l’arrivée du supermétro.

Objectif 2030. Le maire (FG), Jean-Philippe Gautrais, espère toujours que cinq lignes se croiseront à Fontenay dans un peu plus de dix ans. Déjà hôte des RER A et E, sa commune est prévue sur le tracé de la prochaine ligne 15 Est du GPE, et doit bénéficier du prolongement des deux lignes 1 (métro + tramway).

L’édile n’a pas caché sa colère au moment d’évoquer des bruits de couloir annonçant un nouveau report de l’arrivée du métro 1 (de 2030 à 2032) : « Il ne s’agit pas d’une question économique mais d’un choix politique. On a un président de République qui préfère mettre moins de temps pour aller à New-York que pour rejoindre la Seine-et-Marne. »

« La ligne 15 Est a déjà été reportée à 2030, rappelle Christian Favier, président (PC) du Val-de-Marne. L’importance c’est au moins de respecter cette date. Mais on n’est pas au bout de nos peines. »

Saturation. Un passage sur les quais de la station de Val-de-Fontenay suffit pour saisir l’engorgement des RER A et E. Avec ses 100 000 voyageurs quotidiens et son lot d’accidents et de perturbations, la gare compte parmi les plus dangereuses du réseau.

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« A un moment, le système va dire stop pour des raisons de sécurité », prévient le maire, alors qu’une hausse de 70 % du trafic est attendue d’ici 2030. « L’aménagement du pôle de Val-de-Fontenay est à la croisée de ces enjeux de calendrier et de financement, insiste Christian Favier. Il est symptomatique de la déconnexion entre les besoins et la mobilisation réelle des financements. »

Menace sur l’interopérabilité. Les élus ont profité de l’AG d’Orbival pour affûter leurs arguments en faveur de l’interconnexion des futures lignes 15 Sud et Est (à Champigny). Un ouvrage « vital » et « indispensable » à l’efficacité du GPE, explique l’association de riverains Métro-Rigollots-Val-de-Fontenay.

Prévue sur le tracé initial, l’interopérabilité est remise en cause depuis que le Premier ministre a demandé à la Société du Grand Paris de se serrer la ceinture. L’établissement public tranchera en juin, après une série d’ateliers animés par des experts.

« On veut nous attirer dans un guet-apens », met en garde Jacques J.P. Martin. Le maire (LR) de Nogent, aussi président du territoire Paris-Est-Marne-et-Bois, a décidé de « boycotter » un « dispositif destiné à gagner des fifrelins ». « C’est compliqué de ne pas être présent, calme Christian Favier, pourtant pas moins dupe que son voisin de table : Je vois bien le piège dans lequel on essaie de nous enfermer. »

 

Source : Le Parisien 

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