Créteil, ce mercredi soir. Le puits de carbone inauguré par Suez à Créteil ce mardi soir. LP/Bartolomé Simon

Par Bartolomé Simon, le 20 mars 2019

Grâce à un système de micro-algues, une partie du Co2 des usines alentour va être transformé en oxygène. Une première mondiale pour le géant industriel.

 

Il ressemble à un phare dans la nuit. Suez, le géant français de gestion de l’eau et des déchets, a inauguré ce mercredi soir un puits de carbone expérimental sur son site de traitement des déchets à Créteil. Une première mondiale, selon le groupe. La démarche s’inscrit dans la modernisation de l’usine d’incinération de Suez dans le cadre du projet Valo’Marne (voir encadré ci-contre), dont l’objectif est de favoriser la transition écologique.

Dans ce puits, le carbone des fumées industrielles, piégé, devient oxygène. Le tout grâce à des chlorelles, des micro-algues comestibles et récupérées directement dans la Seine. Ce procédé, imaginé par la start-up bordelaise Fermentalg, permet de purifier l’air urbain. Une ébauche de réponse à une lourde préoccupation en Ile-de-France qui intéresse la Ville de Paris. Le Co2 des fumées pourra aussi être valorisé et converti en biométhane pour alimenter le réseau de gaz en ville.

Rejeté par la nouvelle usine d’incinération, ce Co2 pourra donc être transformé en énergie verte. Axel Urgin, patron du Syndicat mixte intercommunal de traitement des déchets urbains du Val-de-Marne (SMITDUVM), rappelle l’aspect expérimental de l’initiative. « Le puits captera très peu des 100 000 t de Co2 rejetées, indique-t-il avec modestie. Le dispositif relève davantage de la recherche et du développement. »

 

Le maire salue l’« installation novatrice »

Via une première boucle, le Co2 sera purgé par les micro-algues. Une deuxième boucle passant par un réseau d’assainissement produira du biométhane, une énergie verte renouvelable. La couleur jaune fluo du puits devrait virer au vert sapin d’ici quelques jours, une fois que les micro-algues se seront reproduites en absorbant le Co2.

Laurent Cathala, le maire PS de Créteil présent à l’inauguration, salue une « installation novatrice » et un « dispositif exemplaire en matière de transition écologique, permettant d’améliorer la qualité de l’air urbain et de produire de l’énergie verte. »

Le puits de carbone avait déjà été testé à plus petite échelle dans des environnements urbains, notamment en 2017 à la station de métro Alésia, à Paris, et à Colombes (Hauts-de-Seine). Créteil constitue une première dans un environnement industriel.

 

LE PLUS GROS PROJET INDUSTRIEL DEPUIS VINGT ANS

Le puits de carbone n’est que la première pierre d’un projet industriel colossal sur le site de traitement de déchets de Suez, à Créteil. Le projet d’économie circulaire et solidaire a trouvé un nom : Valo’Marne. Laurent Cathala, maire (PS) de Créteil, le vantait en janvier comme « plus gros projet industriel depuis vingt ans en Ile-de-France ». Une affaire conclue après trois ans de négociations, dans le cadre du renouvellement du contrat de délégation de service public de près d’1 Md € sur vingt ans avec le Syndicat mixte intercommunal de traitement des déchets urbains du Val-de-Marne.

D’ici à 2023, Valo’Marne vise la conversion de tonnes de déchets en électricité et en chauffage, ainsi que la création d’une serre d’agriculture urbaine et de 300 emplois en insertion (conducteurs de fours, logistique ou encore manutention) sur vingt ans. « Aujourd’hui, des centaines de milliers de tonnes de déchets sont enfouies, faute de mieux, regrette Laurent Cathala. Un nouveau four d’incinération permettra à 37 000 foyers cristoliens de voir leur taux de TVA réduit. » Une large consultation des habitants sera organisée avant 2023.

 

 

Source : Le Parisien 

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