Les élus de l’Est du Val-de-Marne font front commun pour vanter l’importance de leurs projets de transports. Les déclarations de la ministre sur la priorité aux JO sèment le doute sur la réalisation de lignes et gares pourtant actées.

« Nous ne pouvons pas poursuivre les promesses non financées ». « Nous sommes dans une impasse financière. Il manque dix milliards d’euros pour honorer les promesses prises par nos prédécesseurs ». Voici les phrases récentes de la ministre des Transports, Elisabeth Borne, qui ont mis le feu aux poudres.

Très inquiets de voir des projets de transports structurants du Val-de-Marne reportés, les élus du territoire Paris Est Marne et Bois et le président du conseil départemental Christian Favier se mobilisent. Ils réclament un rendez-vous d’urgence à la ministre et espèrent « faire venir le chef de l’Etat sur le terrain pour lui prouver l’importance de ces aménagements », insiste Jacques JP Martin (LR), président du territoire.

Ce lundi soir, une motion « relative aux incidences des Jeux olympiques 2024 sur les projets de transport en commun traversant le territoire » sera adoptée par Paris Est Marne et Bois pour dénoncer les éventuels reports ou annulation de gares et lignes. « L’Est ne doit pas être sacrifié à cause des besoins pour les Jeux en Seine-Saint-Denis, argumente Christian Favier, président PCF du conseil départemental. Depuis des années, nos habitants se battent pour le métro, payent une taxe pour le construire, on n’acceptera pas de report ! »

L’interconnexion RER E/ligne 15 sud en danger. Le retard pris par la SNCF sur ce dossier faisait déjà bondir élus et habitants du secteur Bry-Villiers-Champigny. La nécessaire création d’une nouvelle gare du RER E permettant la connexion avec la future ligne 15 sud, pour l’instant attendue pour 2024 au mieux, n’est pas financée. « Le Grand Paris Express n’a de sens que s’il permet toutes les interconnexions prévues, défend Jean-Pierre Spilbauer, maire DVD de Bry. On a travaillé avec les habitants, on les a fait rêver, on ne peut pas maintenant saucissonner le projet. » « Surtout que ce n’est pas que du transport, tempête quant à lui Jacques-Alain Bénisti, maire LR de Villiers. L’Etat ne peut pas ignorer que son aménageur, Epamarne, prévoit logements et emplois avec le quartier Marne Europe autour de la future gare Bry-Villiers-Champigny. »

La ligne 15 Est pourrait être reportée. Dernier maillon de la ligne 15, la portion de la 15 Est qui doit voir le jour entre Rosny-Bois-Perrier et Champigny-centre, est prévue pour l’instant pour 2030 mais pourrait être reportée. « Les habitants de Champigny subissent déjà de lourds travaux permettant le lien entre la 15 sud et la future 15 Est, cette portion de ligne est essentielle, c’est grâce à elle que la logique du projet de banlieue à banlieue existe dans sa totalité », dénonce Dominique Adenot, maire PCF de Champigny.

Prolongement de la ligne 1 et rénovation du Val-de-Fontenay menacés.Au Val-de-Fontenay, plus grand pôle de transport à l’Est de Paris, tous les projets sont liés, mais aucune date de travaux n’est encore fixée. La commune attend les arrivées des lignes 15 Est, Tramway T1 et 1 du métro, qui doit être prolongée depuis Château de Vincennes. « Notre gare est déjà saturée, les travaux nécessaires dépendent de toutes ces nouvelles lignes, rappelle Jean-Philippe Gautrais, maire FG de Fontenay. On va mobiliser toutes nos grandes entreprises du Val dans ce combat. Sans ces projets, le système va exploser. »

Source : leparisien.fr

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